Il est 2h06, précisement. L'instant présent n'est plus qu'une contrainte passagère. Je bascule entre le fait de vouloir dormir & celui de me remémorer certains 'événements'. Mais seul "la période difficile" remplit ma tête. Les yeux s'alourdissent, mais une vague impression de lutte se fait ressentir. Je soupire, je baille, je ferme les yeux, je me retourne n'ayant qu'une envie : balayer de ma mémoire des souvenirs 'indispensables'. Toujours les mêmes qui reviennent, en boucle ; C'est ceux qui vous retourne le coeur, vous donne un frisson ou même crée une boule dans le ventre.. Cette impression m'envahit peu à peu. Je lutte contre le sentiment qui ressurgit. Je n'arrive plus à me concentrer sur ce qui m'entoure.
Et puis un petit sourire se dessine au bord des lèvres. Un rire nerveux sort de la bouche. Je rigole de ma propre situation. Je ferme les yeux. "Il est 2h06, précisement. L'heure de tout, et puis de rien."
"Ton coeur n'est qu'une prothèse, il est plus fragile qu'un coeur normal et ce sera toujours ainsi. Il faut vraiment que tu sois prudent. L'amour est trop dangereux pour toi. Tu ne te rends pas compte, tu prends ça comme un jeu, mais c'est un jeu avec le feu, un jeu dangereux, surtout quand on a un coeur en bois. Tu as mal aux engrenages quand tu tousses n'est-ce pas ? Et bien c'est une souffrance ridicule par rapport à celles que peut engendrer l'amour. Tout le plaisir et toute la joie que l'amour nous fait ressentir se paient un jour ou l'autre en souffrances. Et plus on aime fort, plus la douleur à venir sera décuplée. Tu connaitras le manque, puis les affres de la jalousie, de l'incompréhension, la sensation de rejet et d'injustice. Tu auras froid jusque dans tes os, et ton sang fera des glaçons que tu sentiras passer sous ta peau. La mécanique du coeur explosera..."
Mon passage préféré.
Photo: représente une oeuvre du Moma, que j'ai pris lors de mon séjour à New York.